Simon
Intervenant en soins spirituels
Pourquoi soutenir l'esprit humain est-il plus qu'un simple emploi ?
Nous sommes choyés et privilégiés de pouvoir, selon les situations, nous mettre à l’écoute ou d’entrer en dialogue avec une grande diversité d’individus. En écoutant humblement, nous soutenons les gens à peindre la toile de leur vie : avec les couleurs de leurs relations, les traits de leurs valeurs et engagements, la texture de leurs espoirs et la technique de leurs croyances. Nous pouvons ensuite, prendre un pas de recul avec eux et dégager le sens de leur œuvre, de leur vie. Nous sommes des accompagnateurs qui écoutons, mais il peut nous arriver d’oser une Parole. Une parole qui se veut le fruit de notre écoute, de la lecture que la personne pose sur sa maladie ou sa vie et des réservoirs de sens qu’elle a identifiés. À la jonction de ses trois éléments, nous retrouvons une parole unique, qui n’a ni volonté d’universalité, ni de prétention scientifique, mais une parole tantôt d’espoir, tantôt de réconfort, qui a été formulée pour soutenir une personne précise dans les circonstances qu’elle vivait.
Fréquemment, mes collègues des autres professions me signifient qu’ils ne feraient pas mon travail. Ils m’associent aux fins de vie, un emploi qui a tout à voir avec la mort. Or, il en est tout autrement, car accompagner une personne dans ce moment clé qu’est la fin de vie ou accompagner une famille alors qu’elle vit la perte d’un proche, cela a tout à voir avec la vie. Tout d’abord, avec la VIE qui s’achève, mais aussi la vie qui se poursuit pour les proches.
J’aime l’idée que nous sommes des agents d’humanisation et d’espoir dans nos milieux.
Fréquemment, mes collègues des autres professions me signifient qu’ils ne feraient pas mon travail. Ils m’associent aux fins de vie, un emploi qui a tout à voir avec la mort. Or, il en est tout autrement, car accompagner une personne dans ce moment clé qu’est la fin de vie ou accompagner une famille alors qu’elle vit la perte d’un proche, cela a tout à voir avec la vie. Tout d’abord, avec la VIE qui s’achève, mais aussi la vie qui se poursuit pour les proches.
J’aime l’idée que nous sommes des agents d’humanisation et d’espoir dans nos milieux.
Partagez un exemple ou l'accompagnement spirituel a eu un impact significatif
J’ai rencontré un père de famille dans la force de l’âge, qui était au chevet de son épouse mourante. Il était excessivement bouleversé et tourmenté. Tout d’abord bouleversé sur le plan humain, il était conscient qu’il allait perdre son épouse, la mère de ses jeunes enfants. Dans un second plan, il était tourmenté sur le plan de ses croyances qui étaient confrontées, par l’argumentation entre sa belle-famille et l’équipe de soins. Son épouse et sa belle-famille appartenaient à une Église du Réveil, dans laquelle la maladie et la mort n’existent pas pour ceux et celles qui croient. Comme sa femme était fermement croyante, sa belle-famille le culpabilisait pour la maladie de sa femme. Lui-même se sentait coupable, car il croyait effectivement au discours du médecin qui lui parlait de stade final et de soins palliatifs. Il était déchiré entre son désir d’être fidèle aux croyances de son épouse qui voulait se battre à la fin et les affirmations du médecin sur la nécessité de traiter la souffrance. En écoutant ses propres croyances, il est catholique, mais il accorde beaucoup de place à réflexion et à la science dans son rapport au religieux. Nous avons prié ensemble, mais nous avons aussi pu dialoguer sur la réalité de la maladie et le réconforter dans sa confiance à la médecine et à réconcilier sa foi et sa raison. Il s’est dit fortement apaisé par notre rencontre.
Pourquoi la santé spirituelle est-elle importante ?
J’aime faire une analogie, si nous sommes une voiture, le corps c’est l’ensemble de la mécanique, l’esprit c’est le conducteur. Le plus important n’est pas la beauté du véhicule, ni sa vitesse, c’est essentiellement qu’il atteigne ses destinations. L’esprit, en désignant la destination, détermine le sens de ce que nous faisons, en prendre soin est primordial.
Dans une période, où le rapport aux religions qui furent les réservoirs de sens traditionnels est bousculé, il est capital que les intervenants en soins spirituels soient alertes et puissent identifier les nouvelles sources de sens dans le discours des gens qu’ils rencontrent.
Dans une période, où le rapport aux religions qui furent les réservoirs de sens traditionnels est bousculé, il est capital que les intervenants en soins spirituels soient alertes et puissent identifier les nouvelles sources de sens dans le discours des gens qu’ils rencontrent.